L’Histoire de la Rome antique

Le sénat de la Roma antique

Commençant au VIIIème siècle avant notre ère, la Rome antique est passée d’une petite ville du Tibre au centre de l’Italie à un empire qui englobait la plus grande partie de l’Europe continentale, la Grande-Bretagne, l’Asie occidentale, l’Afrique du Nord et les îles méditerranéennes.

Parmi les nombreux héritages de la domination romaine, citons l’usage répandu des langues romanes (italien, français, espagnol, portugais et roumain) dérivé du latin, l’alphabet et le calendrier occidental modernes mais aussi l’émergence du christianisme comme religion mondiale majeure.

Après 450 ans de république, Rome devint un empire. Le long et triomphant règne de son premier empereur Auguste, commença un âge d’or de paix et de prospérité.

En revanche, le déclin et la chute de l’empire au Vème siècle av. J.-C. fut l’une des implosions les plus dramatiques de l’histoire de la civilisation humaine.

 

Les origines de Rome

Selon la légende, Rome a été fondée par Romulus et Remus, fils jumeaux de Mars, le dieu de la guerre. Un roi décide de noyer en les mettant dans un panier déposé sur le Tibre (fleuve traversant Rome). Les deux bébés furent sauvés et élevés par une louve. Les jumeaux ont grandi dans l’idée pour vaincre ce roi qui les avait condamnés à mort. Après l’avoir vaincu, ils fondèrent leur propre ville sur les rives du fleuve en 753 av. J.-C. Après avoir tué son frère, Romulus est devenu le premier roi de cette ville, Rome, qui porte son nom. Une lignée de rois sabins, latins et étrusques (civilisations italiennes antérieures) suivit dans une succession non héréditaire.

L’ère de Rome en tant que monarchie a pris fin en 509 av. J.-C. avec le renversement du roi, Lucius Tarquinius Superbus, que les historiens anciens ont décrit comme cruel et tyrannique, comparé à ses prédécesseurs bienveillants. Un soulèvement populaire aurait eu lieu sur le viol d’une noble dame, Lucrèce, par le fils du roi. Quoi qu’il en soit, Rome est passée d’une monarchie à une république. Le mot république est dérivé de « res publica » qui signifie « propriété du peuple ».

 

Les débuts de la république

Le pouvoir du monarque n’existe plus désormais. Dorénavant, il est partagé entre deux magistrats, appelés consuls, élus pour une année. Ces magistrats, bien qu’élus par le peuple, sont issus des familles des sénateurs originaux du temps de Romulus (les patriciens) et ont servi comme commandants en chef dans les armées. La politique dans la première république était marquée par la longue lutte entre les patriciens et les plébéiens (les gens du peuple), qui finirent par obtenir un certain pouvoir politique grâce à des années de luttes contre les de patriciens.

En 450 av. J.-C., le premier code de droit romain fut inscrit sur 12 tablettes de bronze (connues sous le nom des Douze Tables) et fut affiché publiquement au Forum romain. Ces lois comprennent des questions de procédure légale, de droits civils, de droits de propriété et constituent la base de tout droit civil romain à venir. Vers 300 av. J.-C., le véritable pouvoir politique à Rome était centré sur le Sénat qui, à l’époque, n’incluait que des membres de familles plébéiennes riches et patriciennes.

 

L’expansion militaire

Au début de la république, l’État romain a connu une croissance exponentielle en taille et en puissance. Bien que les Gaulois vinrent et incendièrent Rome en 390 av. J.-C., les Romains reprirent leur ascension sous la direction du héros militaire Camillus, prenant finalement le contrôle de toute la péninsule italienne en 264 av.

Rome a ensuite vécu une série de guerres connues sous le nom de “guerres puniques” contre Carthage (une ville-état puissante en Afrique du Nord). Les deux premières guerres puniques se terminèrent quand Rome prise le contrôle total de la Sicile, de la Méditerranée occidentale et d’une grande partie de l’Espagne. Dans la troisième guerre punique (149-146 av. J.-C.), les Romains capturèrent et détruisirent la ville de Carthage. Ils vendirent ensuite ses habitants survivants en esclavage, faisant d’une partie de l’Afrique du Nord une province romaine.

Dans le même temps, Rome a également étendu son influence à l’est, battant le roi Philippe V de Macédoine dans les guerres macédoniennes et transformant son royaume en une autre province romaine.

Les conquêtes militaires de Rome contribuèrent directement à sa croissance culturelle en tant que société, car les Romains bénéficièrent grandement du contact avec des cultures aussi avancées que celles des Grecs. Les premières traces de littérature romaine sont apparues vers 240 av. J.-C., avec des traductions de classiques grecs en latin. Les Romains finiront par adopter une grande partie de l’art, de la philosophie et de la religion grecques.

 

Conflits internes au sein de la république

Les institutions politiques complexes de Rome commencèrent à s’effondrer sous le poids de l’empire grandissant, inaugurant ainsi une ère de tourmente et de violence internes. Le fossé entre les riches et les pauvres s’est creusé à mesure que les propriétaires terriens chassaient les petits agriculteurs des terres publiques, tandis que l’accès au gouvernement était de plus en plus limité aux classes les plus privilégiées. Les tentatives de résoudre ces problèmes sociaux, tels que les mouvements de réforme de Tibère et de Gaius Gracchus (respectivement en 133 av. J.-C. et 123-22 av. J.-C.), aboutirent à la mort des réformateurs aux mains de leurs adversaires.

Caius Marius, un roturier dont les prouesses militaires l’ont élevé au poste de consul (pour le premier de six mandats) en 107 av. J.-C., fut le premier d’une série de seigneurs de guerre qui domineraient Rome pendant la dernière république. En 91 av. J.-C. Marius lui succéda et devint dictateur militaire vers 82 av. Par la suite, Pompée servit brièvement comme consul avant de mener avec succès des campagnes militaires contre les pirates de la Méditerranée et contre les forces de Mithridate en Asie. Au cours de cette même période, Marcus Tullius Cicero, élu consul en 63 av. J.-C., a vaincu la conspiration du patricien Catalin et a gagné la réputation d’être l’un des plus grands orateurs de Rome.

 

L’ascension de César

Quand le victorieux Pompée retourna à Rome, il forma une alliance difficile connue sous le nom de “Premier Triumvirat” avec le riche Marcus Licinius Crassus (qui réprima une rébellion esclave dirigée par Spartacus en 71 av. JC) et une autre étoile montante de la politique romaine : Gaius Jules César.

Après avoir gagné la gloire militaire en Espagne, César revint à Rome pour se disputer le consulat en 59 av. De son alliance avec Pompée et Crassus, César reçut le gouvernement de trois provinces riches en Gaule à partir de 58 av. Il a ensuite entrepris de conquérir le reste de la Gaule au nom de Rome.

Après que l’épouse de Pompée, Julia (la fille de César) mourut en 54 av. J.-C., et que Crassus fut tué dans la bataille contre Parthia (l’Iran actuel) l’année suivante, le triumvirat a été détruit. Avec le désordre régnant au sein de la république romaine, Pompée est intervenu comme seul consul en 53 av. La gloire militaire de César en Gaule et sa richesse croissante avaient éclipsé celle de Pompée, et celui-ci s’associa à ses alliés du Sénat pour détruire César. Mais en 49 av. J.-C., César et l’une de ses légions traversèrent le Rubicon, une rivière située à la frontière entre l’Italie et la Gaule Cisalpine. L’invasion de César en Italie déclencha une guerre civile dont il devint le dictateur de Rome à vie en 45 av.

 

De César à Auguste

Moins d’un an plus tard, César a été assassiné par un groupe de ses ennemis (dirigé par les nobles républicains Marcus Junius Brutus et Gaius Cassius). Le consul Marc-Antoine et Octave, se joignirent pour écraser Brutus et Cassius et se divisèrent le pouvoir. Avec Octave à la tête des provinces de l’Ouest, et Marc-Antoine celle de l’est, les tensions se développèrent en 36 av. et le second triumvirat fut dissous.

En 31 av. J.-C., Octave triompha des forces de Marc-Antoine et de la reine Cléopâtre d’Egypte (également connue pour être l’ancien amant de Jules César) lors de la bataille d’Actium. À la suite de cette défaite dévastatrice, Marc-Antoine et Cléopâtre se sont suicidèrent.

Vers 29 av. J.-C., Octave devint alors le seul dirigeant de Rome et de toutes ses provinces. Pour éviter de rencontrer le destin de César, il s’assura de rendre sa position de souverain absolu en rétablissant en apparence les institutions politiques de la république romaine tout en conservant en réalité tout pouvoir réel pour lui-même. En 27 av. J.-C., Octave prit le titre d’Auguste, devenant le premier empereur de Rome.

 

L’âge des empereurs

Les lois d’Auguste ont rétabli le moral de Rome après un siècle de discorde et de corruption. Auguste a inauguré la célèbre “pax romana”, deux siècles de paix et de prospérité. Il a institué diverses réformes sociales, a remporté de nombreuses victoires militaires et a permis à la littérature romaine, à l’art, à l’architecture et à la religion de s’épanouir. Augustus a régné pendant 56 années, soutenu par sa grande armée et par un culte croissant de dévotion à l’empereur. À sa mort, le Sénat a élevé Auguste au statut de dieu, en commençant une longue tradition de déification pour les empereurs populaires.

La dynastie d’Auguste comprenait l’impopulaire Tibère (14-37 ap. J.-C.), Caligula sanguinaire et instable (37-41) et Claudius (41-54), dont on se souvenait surtout de la conquête de la Grande-Bretagne par son armée. Sa lignée s’est terminée avec Nero (54-68), dont les excès ont asséché le trésor romain et ont conduit à sa chute puis à son suicide. Quatre empereurs ont pris le trône dans l’année tumultueuse après la mort de Nero. Le quatrième, Vespasien (69-79), et ses successeurs, Titus et Domitien, étaient connus comme les Flaviens. Ils ont tenté de tempérer les excès de la cour romaine, de rétablir l’autorité du Sénat et de promouvoir le bien-être public. Titus (79-81) a gagné la dévotion de son peuple grâce à ses efforts d’aide apportée aux peuples après l’éruption tristement célèbre du Vésuve, qui a détruit les villes d’Herculanum et de Pompéi.

Le règne de Nerva (96-98), qui fut choisi par le Sénat pour succéder à Domitien, commença un autre âge d’or dans l’histoire romaine, au cours duquel quatre empereurs (Trajan, Hadrien, Antonin le Pieux et Marc Aurèle) prirent le trône pacifiquement. Trajan (98-117) a étendu les frontières de Rome au plus haut degré de l’histoire avec des victoires sur les royaumes de Dacia (aujourd’hui le nord-ouest de la Roumanie) et de Parthie. Son successeur Hadrien (117-138) a consolidé les frontières de l’empire et a poursuivi le travail de son prédécesseur pour établir la stabilité interne et instituer des réformes administratives. Sous Antonin le Pieux (138-161), Rome a continué dans la paix et la prospérité. Mais le règne de Marc Aurèle (161-180) a été dominé par le conflit. Quand Marc Aurèle est tombé malade et est mort près du champ de bataille à Vindobona (Vienne), il a rompu avec la tradition de la succession non héréditaire et a nommé son fils Commodus de 19 ans comme son successeur.

 

Déclin et fin de l’Empire

La décadence et l’incompétence de Commode (180-192) ont amené l’âge d’or des empereurs romains à une fin décevante. Sa mort par les mains de ses propres ministres a déclenché une autre période de guerre civile, à partir de laquelle Lucius Septime Sévère (193-211) est sorti victorieux. Pendant le troisième siècle Rome a souffert d’un cycle de conflit presque constant. Un total de 22 empereurs ont pris le trône, beaucoup d’entre eux rencontrant des fins violentes par les mêmes soldats qui les avaient propulsés au pouvoir. Pendant ce temps, les menaces venant de l’extérieur ont tourmenté l’empire et épuisé ses richesses, notamment l’agression continue des Allemands et des Parthes mais également à cause des raids des Goths sur la mer Egée.

Le règne de Dioclétien (284-305) a temporairement restauré la paix et la prospérité à Rome, mais à un coût élevé pour l’unité de l’empire. Dioclétien divisa le pouvoir en ce que l’on appelle la “Tétrarchie” (la règle des quatre), partageant son titre d’Auguste (empereur) avec Maximien, Galerius et Constantius. La stabilité de ce système a beaucoup souffert après la mort successive de ces derniers. Constantin a émergé de ses luttes de pouvoir en devenant empereur unique d’une Rome réunifiée en 324. Il a déplacé la capitale romaine de Rome à la ville grecque de Byzance, qu’il a rebaptisée Constantinople. Au concile de Nicée en 325, Constantin fit du christianisme (autrefois une obscure secte juive) la religion officielle de Rome.

L’unité romaine sous Constantin se révéla illusoire et, 30 ans après sa mort, l’empire fut de nouveau divisé : un empire oriental et un empire occidental. Malgré son combat continu contre les forces perses, l’empire romain d’orient (plus tard connu sous le nom d’empire byzantin) resterait en grande partie intact pour les siècles à venir. Une histoire entièrement différente se déroula en occident, où l’empire fut ravagé par les conflits internes et les menaces venant de l’étranger (en particulier des tribus germaniques établies à l’intérieur des frontières de l’empire) et perdit régulièrement de l’argent en raison de la guerre.

Rome finit par s’effondrer sous le poids de son propre empire boursouflé, perdant ses provinces une par une : la Grande-Bretagne autour de 410 puis L’Espagne et l’Afrique du Nord de 430. Attila et ses brutaux Huns envahirent la Gaule et l’Italie vers 450, secouant encore plus les fondations de l’empire. En septembre 476, un prince germanique nommé Odovacar prit le contrôle de l’armée romaine en Italie. Après avoir destitué le dernier empereur occidental, Romulus Augustus, les troupes d’Odovacar le proclamèrent roi d’Italie, signant ainsi la fin à la longue histoire tumultueuse de la Rome antique.

 

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